Quels sont les paradis fiscaux en Europe ?

Paradis Fiscaux
Quels sont les paradis fiscaux en Europe ?

Officiellement, aucun pays européen ne se trouve dans la liste noire de la Commission européenne des paradis fiscaux. Et dans la liste grise par ailleurs, on ne trouve plus que la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la République de Macédoine du nord et la Turquie.

Dans le fait cependant, plusieurs autres pays méritent encore la qualification de paradis fiscaux et plusieurs d'entre eux font partie de l'union.

Les anciens pays de la Yougoslavie pointés de doigt pour leur manque de transparence

Quand on parle de paradis fiscaux en Europe, on a souvent tendance à oublier les pays de l'Ex-Yougoslavie. Cela n'a cependant pas échappé ni à l'Union européenne ni à des ONG actives dans la lutte contre les fraudes fiscales comme Oxfomm. À l'heure où l'on écrit cet article donc, même si elle ne figure plus dans la liste grise de l'Union européenne, la Serbie reste un pays fiscalement généreux.

Un récent article du courrier de Balkan affirme même qu'il s'agit de l'un des pays les plus inégalitaires en la matière, car constituant un « enfer pour les pauvres », mais un réel paradis pour les grands patrons qui profitent, entre autres, des cotisations sociales et taxes sur les sociétés réduites.

Ses voisins Monténégro, Macédoine du Nord et Bosnie Herzégovine de leur côté, continuent d'accorder de faveurs fiscales encore plus importantes aux grandes entreprises, d'où leur préservation de la liste grise. L'Albanie, par contre, est devenue un bon élève en la matière, emboîtant les pas de la Slovénie.

Qu'en est-il du Luxembourg, de la Suisse, de Liechtenstein ?

Quand on parle de paradis fiscaux en Europe, ces 3 pays sont les premiers à qui on pense le plus. Pourtant, aucun d'entre eux ne figure ni dans la liste noire ni dans la liste grise de l'Union européenne. Ont-ils pour autant abandonné leur tendance à accorder des faveurs à certains contribuables ?

La réponse est non si l'on se réfère à un récent rapport d'Oxfam qui estime même que l'Union européenne a fait une erreur n'en incluant pas dans sa liste des pays se trouvant sur le territoire. Au Luxembourg par exemple, les dividendes, intérêts de prêts et redevances sont soumis à une faible imposition et peuvent même en être exemptés.

En Suisse, les régimes fiscaux préférentiels ont été supprimés, mais de nombreux dispositifs d'incitations fiscales importantes et des taux bas sont encore en vigueur. Les révélations des « LuxLeaks » ont encore prouvé que le Liechtenstein a encore du mal à trouver d'autres alternatifs pour attirer les grandes structures que ses très faibles taxes sur la création de société et impôts sur le capital.

Quid de Malte, de Chypre et des autres pays ?

Étant un pays membre de l'Union européenne, Malte a été retirée d'office de la liste noire et de la liste grise des paradis fiscaux par l'OCDE. Cela n'a permis cependant pas de faire oublier qu'il s'agit également de l'un des pays les plus généreux fiscalement dans le monde. Et les récentes révélations de « Malta Files » puis des « ParadisePapers » ont anéanti définitivement ses chances de se redorer les blasons. Pour illustrer, dans ce pays, on ne paie aucun impôt sur le revenu de source internationale.

Pour Chypre, par contre, le passé de paradis fiscal devient de plus en plus un lointain souvenir, même si on constate encore que de nombreuses entreprises qui s'y établissent paient moins d'impôts que dans d'autres pays. L'Irlande, par contre, est devenue depuis 2003 et l'adoption d'un taux d'impôt sur les sociétés de 12,5% un pays généreux fiscalement.

Du point de vue d'Oxfam, les Pays-Bas devront être ajoutés à ce pays. D'autres organisations similaires créent même la surprise en parlant de la Belgique, de la France et même du Royaume-Uni.